Par : Warren Magnani
Chaque année, les BET Awards sont diffusés. Depuis 2001, ils sont devenus piliers de la culture noire américaine. Créée par Black Entertainment Television (BET), la cérémonie n'a jamais cherché à être une simple copie des Grammys. Les BET Awards ont toujours porté une autre mission ; celle de célébrer la musique, le cinéma, le sport et la pop culture afro-américaine. Vingt-cinq ans plus tard, ce rendez-vous reste l'un des rares espaces où un Leon Thomas, une SZA, un Kendrick Lamar ou une Mariah The Scientist peuvent partager le même terrain.
De quoi faire saliver
L'édition 2026, attendue pour le 28 juin au Peacock Theater de Los Angeles, s'annonce comme un nouveau choc de générations. Et cette fois, c'est Druski qui prendra les commandes. Un choix loin d'être anodin. Le comédien et phénomène internet, devenu incontournable dans la culture hip-hop américaine avec ses sketchs et ses apparitions aux côtés de Drake, Jack Harlow ou encore Kai Cenat. Il devient le plus jeune animateur de l'histoire de la cérémonie. BET montre que la culture ne se raconte plus seulement à travers les artistes, mais aussi à travers ceux qui façonnent ses codes sur les réseaux. Cette année, Cardi B mène la course avec six nominations ! Derrière Kendrick Lamar et Mariah The Scientist qui suivent avec cinq nominations chacun.
Cardi B leads the 2026 BET Awards nominations with 6 nods:
— The Cardi Room (@theecardiroom) May 19, 2026
???? Album of The Year — “AM I THE DRAMA?”
???? Best Collaboration — “ErrTime” w/ Jeezy & Latto
???? Viewer’s Choice — “Outside”
???? Best Female Hip-Hop Artist
???? Video Director of the Year (with Patience)
???? Fashion Vanguard… pic.twitter.com/91xFNx2ThH
Les catégories
La catégorie de la meilleure artiste féminine RnB/pop ressemble à un vrai choc "des écoles". Jill Scott incarne la tradition neo soul, SZA reste la patronne du RnB contemporain, Tems poursuit son ascension mondiale, tandis que Coco Jones, Mariah The Scientist ou Olivia Dean symbolisent la relève. Rarement une catégorie féminine aura semblé aussi dense et large. C'est presque une radiographie complète du RnB actuel avec les ambitions de la pop globales. Chez les hommes, le tableau est tout aussi chargé. Brent Faiyaz, Bryson Tiller, Chris Brown, Giveon, Leon Thomas, Usher, Bruno Mars... difficile de faire plus concurrentiel. Le contraste est intéressant : d'un côté les vétérans qui continuent de peser, de l'autre une génération qui redéfinit le genre avec des formats plus hybrides et moins calibrés pour la radio. La catégorie du meilleur nouvel artiste mérite aussi un arrêt. Voir Raye ou Olivia Dean dans cette sélection rappelle à quel point la frontière entre pop britannique et RnB moderne est devenue extrêmement fine. kwn ou Destin Conrad confirment aussi que l'industrie regarde désormais très sérieusement la nouvelle vague alternative.
Le choc des titans
Et puis il y a l'album de l'année, souvent la catégorie la plus politique qui lance obligatoirement le débat. Tyler, The Creator, J. Cole, Clipse, Leon Thomas, Mariah The Scientist, Bruno Mars, Cardi B, etc. Ici, ce n'est pas seulement une question de qualité musicale. C'est aussi une bataille de narration. Quel projet a vraiment marqué l'année ? Le statement rap de Tyler ? Le retour très attendu de Clipse ? La proposition plus élégante de Leon Thomas ? Ou Cardi B, qui revient avec une machine pensée pour dominer culturellement ?
The nominees for Album of the Year at the 2026 BET AWARDS
— Blackish Press (@blackishpress) May 19, 2026
AM I THE DRAMA? — Cardi B
DON’T TAP THE GLASS — Tyler, the Creator
everything is a lot. — Wale
HEARTS SOLD SEPARATELY — Mariah the Scientist
Let God Sort Em Out — Clipse
MUTT Deluxe: HEEL — Leon Thomas
The Fall-Off — J.… pic.twitter.com/DsFTfeitKo
Ce qui rend cette édition particulièrement intéressante, c'est justement cette tension entre l'institution et la culture internet. Entre vétérans et nouveaux entrants, entre prestige critique et domination populaire. Les BET Awards n'ont jamais été une remise de prix, c'est une cage de combat où se joue une partie du récit culturel américain.
Par : Warren Magnani